Mercredi, 13 Novembre

Dernière mise à jour13/11/2019 09:20:25 AM GMT

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Shuttle Omninas KD20

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Shuttle passe à la vitesse supérieure en proposant désormais un NAS pouvant accueillir jusqu’à deux disques durs : le Omninas KD20.

Shuttle-Omninas-KD20

Très attrayant grâce à un design proche des produits Apple grâce à sa couleur blanche et ses angles arrondis, le Omninas se positionne comme support de stockage en réseau accessible sur plusieurs points.

Simple à configuré grâce à une interface de gestion claire, lisible et compréhensible, le NAS de Shuttle privilégie les néophytes plutôt que de le noyer dans de nombreux outils techniques souvent réservés aux environnements professionnels.

Son petit prix sera également un élément déterminant car on se décide rarement pour un premier équipement haut de gamme.

Le Omninas dispose bien sûr de la technologie RAID sécurisant les données ou accentuant les performances, gère les fichiers multimédia grâce au protocole DLNA et autorise même le téléchargement via Bittorrent.

Concernant les outils plus classiques, le Omninas est également capable d’assurer les sauvegardes de son contenu mais aussi celui des PC connectés au réseau. On pourra même accéder à l’appareil depuis internet grâce à sa fonctionnalité Cloud.

Alors le petit nouveau de Shuttle saura-t-il faire aussi bien sinon mieux que l’excellent Iomega px2 ou encore le D-Link DNS-320L références en NAS petits budgets ? 


Depuis 1983, Shuttle a su se démarquer des autres constructeurs en étant parmi les premiers à proposer des mini PC et son succès ne cesse d’évoluer grâce à des machines toujours plus puissantes mais aussi nettement plus évolutives qu’à ses débuts.

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Afin d’enrichir sa gamme de produits, la marque originaire de Taïwan propose désormais un NAS, le Omninas KD20 orienté grand public en mettant l’accès plutôt sur le côté pratique que sur la richesse des fonctionnalités.

On trouvera donc dans le Omninas l’essentiel en termes d’applications sans surplus à contrario des NAS orientés professionnels sans pour autant tomber dans l’austérité.

En effet le NAS de Shuttle embarque tout l’équipement nécessaire pour répondre à la majorité des besoins des particuliers. C’est pourquoi il dispose d’une connectique évoluée comme la présence de l’USB en version 3.0 ainsi qu’un lecteur de cartes mémoire.

Trois fonctionnalités se distinguent particulièrement : un service DLNA capable de diffuser des flux multimédia sur tout le réseau, un gestionnaire de téléchargements compatible BitTorrent et enfin un outil Cloud laissant les données accessibles depuis le net.


L’interface de gestion du Omninas vise la lisibilité et la simplicité, un choix qui plaira surtout aux utilisateurs d’un premier équipement préférant éviter une solution trop technique et donc trop complexe à paramétrer.

Présentation extérieure

Shuttle sait y faire sur le plan esthétique en réalisant avec le Omninas un appareil aux lignes gracieuses et privilégiant l’aluminium, matière noble pour les châssis d’équipements informatiques.

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Grâce à des dimensions parfaitement contenues de seulement 22cm de profondeur pour 9cm de hauteur et 17cm de hauteur, le Omninas n’aura aucun mal à prendre place tant sur un bureau que dans un home cinéma.

On appréciera aussi sa porte en façade s’ouvrant par une simple pression. Un assemblage précis de qualité offre à l’ensemble un niveau de finition plus que satisfaisant d’autant plus que les charnières donnent une réelle sensation de solidité.

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Seul l’interrupteur de mise sous tension situé en haut se laisse entrevoir tandis qu’en bas, peut-être un peu trop, on découvre un connecteur USB 3.0 ainsi qu’un lecteur de cartes mémoire. Trois petites LED viennent également illuminer une face sobre et classe.

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Une fois la porte ouverte, ce sont deux tiroirs extractibles à chaud qui seront chargés d’accueillir les disques durs. Ils disposent d’un système de verrouillage commun à la plupart des NAS du marché et le support est en acier tandis que le mécanisme est en plastique mais suffisamment solide pour supporter de nombreuses interventions.

On regrettera simplement qu’il soit encore nécessaire d’avoir recours à un tournevis pour réaliser la fixation des unités de stockage à une époque ou le montage sans outil devrait être généralisé. Ils ne bénéficient pas non plus de système d’amortissement des vibrations, un manquement étonnant d’autant plus que la marque met en avant un certain silence de fonctionnement.

Sur l’un des côtés du NAS de Shuttle, sont disposés des évents afin d’optimiser le dégagement de la chaleur des composants internes. L’autre panneau latéral reste uniforme.

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A l’arrière, un ventilateur se devine à travers des stries laissant présager une nuisance sonore soutenue en cas de vitesse de fonctionnement accrue.

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En bas, la connectique reste discrète avec un connecteur d’alimentation externe, un Ethernet et enfin deux interfaces USB 2.0. Si leur espacement est suffisant pour y brancher un câble, il sera impossible d’y connecter directement une clé USB épaisse.

Le Omninas figure parmi les NAS les plus réussis esthétiquement sur le segment d’entrée de gamme et même si le plastique est assez présent, il saura sans mal convaincre un public friand d’un design épuré et tendance.

Présentation intérieure

Chez 59Hardware, les NAS ne préservent aucun secret et le Omninas ne déroge pas à la règle. C’est pourquoi nous ôtons son châssis fermement assemblé, un très bon point car c’est signe que des vibrations ne s’inviteront probablement pas avec le temps. Ce dernier n’étant pas vissé comme c’est fréquemment le cas chez la concurrence.

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On découvre alors une structure plutôt complexe mais bénéficiant de perforations sur toute sa surface. Un unique câble est utilisé pour connecter les composants présents en façade. Son isolation aurait pu être améliorée car le scotch thermique fait figure de bricolage.

Au-delà de ce détail non pénalisant, on retiendra une bonne qualité générale d’assemblage puisque Shuttle opte avec raison pour une backplate où viennent se connecter les disques durs plutôt que de fragiles nappes SATA classiques.

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L’électronique du Omninas repose sur un unique PCB bleu de qualité supérieure. Trois puces se distinguent allègrement du reste des composants. La première est le processeur du NAS, un PLX 7820 spécifiquement  développé pour ce type d’équipement. Il embarque une architecture ARM reposant sur deux cœurs cadencés à seulement 750MHz et assure le support de l’USB 2.0.

Notre curiosité nous dirige tout droit vers la documentation technique de ce CPU grâce à laquelle nous apprenons que le PLX 7820 gère la norme SATA II 3Gbps et supporte les systèmes de fichier SMB, XFS, EXT3 et NTFS en lecture uniquement pour ce dernier.

A ses côtés, le contrôleur Etron EJ168 prend en charge l’USB 3.0 et le IC+ IP1001 gère l’interface Ethernet gigabyte. Comme bien des marques de NAS, on constate que Shuttle aussi préfère se baser sur une architecture ARM plutôt que sur des puces Marvell ou Intel plus puissantes mais surtout plus exigeantes en termes de consommation électrique.

Ainsi le Omninas bénéficie d’une qualité de fabrication très correcte tout comme son interface de gestion sera-t-elle tout aussi convaincante ?

Installation

Afin d’accéder à l’interface de gestion du Omninas, il convient d’effectuer la configuration primaire du NAS. L’installation des disques durs nécessite encore des vis, un choix décevant de la part du constructeur.

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Shuttle fait toutefois fort bien avec une légère application qui ne nécessite pas d’installation. Il s’agit d’un simple exécutable chargé de détecté le Omninas sur le réseau une fois celui-ci sous tension.

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On accède alors directement à la configuration de l’espace de stockage. Si les habitués de ce type de configuration n’auront aucun mal à s’y retrouver parmi les modes RAID proposés, les néophytes resteront probablement perplexes face à des termes trop techniques.

Redondance, lecteur logique ou mirroring ne sont pas forcément parlants pour l’utilisateur d’un premier équipement. Les illustrations ne se montreront pas non plus d’une quelconque utilité.


Une fois cette tache accomplie, les choses s’améliorent car l’écran d’accueil du Omninas s’avère très réussi.

Snap5

Les différents raccourcis sont regroupés dans un carré. On retrouve ainsi huit menu en plus de l’arrêt et du redémarrage :

flecheParamètres
flecheStockage
flechePartager
flecheUSB
flecheSauvegarde
flecheBT Télécharger
flecheShare Box
flecheServeur Media


Cette fois on n’aura aucun mal a accéder aux options désirées et nous avons été largement été séduits par cette organisation simple et efficace.

Snap6

Le menu paramètre reprend les options génériques du NAS. On retrouve donc le réseau, l’horloge, les protocoles ou la mise à jour du système. Cette dernière est indispensable car le Omninas étant encore « jeune », de nombreux bug sont corrigés au fur et à mesure. On se demande également pourquoi l’option serveur iTunes s’est perdue ici alors que le Omninas dispose d’un menu Serveur Media.

Tandis que le menu Stockage apporte des outils de vérification des supports de stockage en plus des options présentées lors de l’installation de l’appareil, le menu Partager donne accès à la configuration des dossiers et à la création des utilisateurs.

On pourra concrètement dissocier les données de chacun et donc bénéficier d’une organisation optimisée mais aussi préserver une certaine confidentialité des données si souhaité.

Le menu USB autorise la copie du contenu du support de stockage externe sur le NAS automatiquement. Malheureusement malgré nos nombreuses tentatives, le lecteur de cartes SD comme le port USB 3.0 se sont catégoriquement refusés à ce genre d’exercice. Un manquement que nous qualifions d’assez préoccupant en espérant que ce disfonctionnement ne concerne que notre appareil de test.

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Le menu Sauvegarde propose la copie de fichiers sur un autre NAS ou sur un périphérique USB. Il est aussi possible de sauvegarder les données d’une machine tierce sur le Omninas. La encore on aurait préféré un menu plus adapté aux néophytes car en l’état de choses, rares seront les utilisateurs à avoir la patience d’assimiler l’outil. Un assistant aurait été plus que bienvenu comme c’est le cas chez de nombreux concurrents.

Snap18

Il reste alors trois derniers menus relatifs aux fonctionnalités avancées du Omninas : Téléchargement, Serveur media et Share Box. Le gestionnaire de Torrents offre les fonctionnalités de base qui suffiront aux fans de cette plateforme.

Sharebox laisse l’accès au NAS depuis internet pour peu que l’on sache configurer la redirection des ports de sa box internet car aucun outil n’est prévu ici pour automatiser la tache. Ici point de gestionnaire de fichier de type WebDAV, Shuttle considère suffisant de laisser l’accès à la console de gestion. Nous sommes très loin de l’exemplaire suite applicative Cloud Station de Synology dont il est impossible de se passer une fois après y avoir goûté.

Il nous semble également difficilement excusable que la marque oblige les utilisateurs à choisir entre serveur de media et gestionnaire de téléchargement car les deux ne peuvent en aucun cas fonctionner simultanément. Il y a cinq ans, on aurait parfaitement accepté la chose mais fin 2012, on ne peut s’empêcher de se demander comment les concepteurs ont-ils pu tolérer une telle chose.

Ainsi, la console de gestion de l’Omninas est certes pratique à utiliser car bien organisée. Les fonctionnalités essentielles sont accessibles rapidement mais il est en définitive réellement agaçant que les utilisateurs soient obligés de faire un choix entre serveur de téléchargement ou de diffusion car les deux ne fonctionneront pas simultanément.


Protocole de test

Afin de mesurer les performances, nous avons utilisé notre PC de référence doté d’une interface réseau Intel 82579V compatible réseaux Gigabits. Pour être certain de ne pas brider les transferts de données, nous utilisons une grappe raid 0 de deux SSD.

Nous équipons le NAS de 2 disques durs Seagate Barracuda 7200 rpm doté de 12 Mo de mémoire cache et d’une interface SATA 3Gb/s pour une capacité d’un tera octet. Nous allons donc comparer les performances des différents modes raid.

Cela nous permettra de vérifier les qualités et défauts de ces différentes configurations et surtout de vous aider à opter pour la plus adaptée à vos besoins.

Nous utiliserons donc notre traditionnel fichier de 7769 Mo ainsi que notre ensemble de 2414 fichiers répartis dans 149 dossiers pour un volume de 3.08 Go (environ 1.3 Mo par fichier).

Les mesures seront effectuées via les protocoles de transfert SMB en lecture comme en écriture.

Le Omninas n’étant pas voué à supporté de lourdes charges en vue de son utilisation domestique, nous mettons de côté les performances en termes d’IOPS qui n’auraient pas de réel sens.


Performances Gros fichiers

gf 

Concernant les débits sur les gros fichiers, le Omninas de Shuttle est trois fois plus lent que ses concurrents directs pas forcément plus chers. 30Mo/s sont des débits facilement atteignables à l’aide d’une simple clé USB.

Ils sont difficilement acceptables pour un tel appareil sauf si la notion de performance est totalement secondaire pour d’éventuels acquéreurs. Les choses iront-elles mieux surf le traitement des petits fichiers de type jpg ?

 
Performances Petits fichiers

pf

Tentons de tempérer notre déception une fois nos mesures opérées sur les petits fichiers. Contre toute logique, les modes RAID censés être plus rapides sont en fait les plus lents.

Nous avons tout d’abord cru que le Omninas était en synchronisation ou en mode dégradé mais aucun indicateur nous a alerté d’un éventuel état de ce type. Malgré nos nombreux essais, il nous a été impossible d’obtenir de meilleurs débits que ceux observés ici.

Bien que nous soyons en réseau gigabyte, le Omninas n’offre même pas des débits  d’un réseau 100Mb. Ainsi les amateurs de performances comme les personnes impatientes n’auraient pas intérêt à s’équiper du NAS de Shuttle.

De plus nous avons clairement subis des comportements suffisamment aléatoires pour que nous n’ayons pas une confiance suffisante à l’Omninas pour lui confier nos données. A plusieurs reprises les débits chutaient à 150Ko/s sans aucune réelle explication. Un état instable qui espérons le soit rectifié grâce à une mise à jour salvatrice.

Performances Interfaces

Concernant les interfaces USB et SD card, elles se sont montrées désespérément muettes sauf les USB 2.0 situées à l’arrière ayant refusé de fonctionner continuellement le temps de la durée d’une mesure.


watts

Si les performances n’ont pas vraiment su mettre le Omninas en valeur, il faut bien reconnaitre qu’en termes de consommation électrique, il est parfaitement économe car il nécessite moins de 20 watts une fois équipé de deux disques durs. En veille il tombe à seulement 6 watts.

db

A seulement 35.6dB à un mètre, le Omninas reste assez discret même si le grattement des disques durs se faire clairement entendre. Les fans de silence devront prêter une attention particulière au choix des disques s’ils ne souhaitent pas envahis par ce type de nuisances. La faute incombe aux supports des disques en métal et dépourvus de systèmes d’absorption des vibrations.


Le NAS du Shuttle présente bien. L’aluminium lui offre une belle allure dans la lignée de son concurrent de RAIDON mais avec des dimensions en apparence plus importantes car ici les disques durs sont placés verticalement. Ainsi sur le plan de la qualité d’assemblage et de finition, Shuttle réussit son premier NAS.

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Son interface de gestion est elle aussi finalement convaincante même si cette dernière est entachée par l’impossibilité d’utiliser simultanément gestionnaire de téléchargement et serveur de médias.

Sur le plan des performances, le bilan s’assombrit car avec des débits dignes d’une clé USB classique. Le Omninas est incapable de rivaliser avec les excellents modèles de Iomega, le Storcenter px2 ou le D-Link DNS-320L et il faudra s’armer de patience si l’on souhaite réaliser de nombreux transferts sur le NAS de Shuttle.

En effet ces résultats s’expliquent par l’utilisation d’un processeur basé sur une architecture ARM et d’un système de fichiers XFS. Cependant ce choix permet à l’Omninas d’être particulièrement économique sur la consommation électrique, un argument qui ne manquera pas de séduire grand nombre d’utilisateurs. 

Et en raison d’un comportement capricieux avec des débits chutant régulièrement à moins d’un méga par seconde, on réalise que le Omninas souffre d’une certaine immaturité. C’est pourquoi au final le premier NAS de Shuttle nécessite quelques mises à jour pour tirer parti du meilleur de ses capacités.

Ainsi Shuttle a su faire preuve d’efforts afin de proposer un système de stockage réseau certes à ce jour imparfait mais nous encourageons la marque à poursuivre dans cette voie car les futures révisions ne devraient avoir aucun mal à se montrer largement plus convaincantes.

fleche Qualités esthétiques
fleche Interface de gestion réussie
fleche Consommation maîtrisée

fleche Performances
fleche Stabilité
fleche USB capricieux

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