Shuttle DS47

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Alors que nous avons passé récemment en revue dans nos colonnes la déclinaison DS61 1.1 de la gamme des barebones ultra-plats Shuttle, le constructeur taïwanais enchaîne en nous proposant cette fois une machine totalement passive et partiellement pré-équipée, le DS47.

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Architecturée autour d'un Celeron 847 (deux coeurs Sandy Bridge cadencés à 1100Mhz, accompagnés de 2Mo de Cache L3 et d'un iGPU HD 2000, alias GT1), le DS47 est une version Barebone du duo à faible TDP constitué du chipset NM70 et d'un CPU soudé que l'on peut croiser depuis fin 2011 sur des cartes mères intégrées.

Confiné dans une enveloppe thermique théorique de 17W, le Celeron 847 n'est clairement pas choisi pour faire des prouesses, ni assurer le spectacle. Les propriétés et qualités du DS47, et en partie, dans les fonctionnalités de sa carte mère, et la qualité de son intégration.

Shuttle n'a clairement pas visé avec cette déclinaison le public le plus large, mais prouve avec cette solution qu'il peut couvrir des besoins spécifiques avec un certain talent, et ce dans le silence et la qualité resentie. Suivez-nous pour découvrir ce qu'il en advient vraiment !


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Comme Shuttle nous a habitué avec sa précédente décliaison, le DS61, la présentation générale du produit est sobre, bien finie et qualitative. Au déballage, la première chose qui surprend est le poids à son extraction. Ce que vous resentez en portant le carton ne correspond pas à une donnée faussée par le poids et le volume du bloc d'alimentation (ici un APD de 65W qui change des sempiternels blocs FSP, mais inconnu au bataillon jusqu'ici). Dans notre cas présent, c'est la machine qui pèse.

Enrobé dans un boitier totalement noir, mat en acier assez épais, comme son prédécesseur, le barebone ne dépareille pas bien que son ticket d'entrée tarifaire soit bien moins élevé que le DS61. Un très bon point.

Les plaques latérales de la monte VESA sont préfixées, et solidement vissées. La destination de la machine fait alors peu de mystère. C'est une solution vouée à vivre derrière un écran, et à s'y fondre.

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Le souci de la finition est réel, et il perdure jusqu'à l'ouverture des trappes d'accès aux entrailles. Une vis par trappe, il est nécessaire de déclipser par un geste chaque plaque en la faisant glisser pour la soulever. Pas la peine de jouer au "bourrin", même dévissées, les plaques tiendront rien que par ce clips !

Divisées en deux parties, l'une sert d'accés à la baie permettant d'accueillir le disque dur 2.5" et le premier slot mini PCI-E occupé par une carte WiFi équipée d'un chipset Realtek RTL8188, l'autre aux slots 1x mini PCI-E et DDR3, jusqu'à 2x8Go grâce au NM70. Cette quantité de mémoire peut parâitre pléthorique, mais nous verrons très vite qu'elle peut être pertinente au regard de la machine.

Pour les besoins de notre test, nous avons opté pour un SSD d'origine Kingston, l'HyperX, qui a pour nos besoins du jour, l'avantage d'être épais et donc peu commode à passer dans toutes les machines. Soyez assurés que ce dernier qui n'a pas le profil mannequin avec un tour de taille de 7mm est passé comme un charme dans la baie prévue par Shuttle. La machine est donc compacte mais absolument bien pensée pour accueillir du stockage mécanique autant que solide.

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En façade, on reconnait l'aspect et la parenté évidente avec les autres déclinaisons de la gamme DS. Sobre, voire monotone en fonction des goûts, on ne peut en revant pas reprocher à Shuttle d'avoir mégoté sur la connectique présente. Entre les 4 ports USB 2.0 présents, on trouve un lecteur de cartes mémoire, et deux ports RS232, utiles en industrie, en monétique encore parfois, et aussi pour certaines tâches d'administration (certaines gammes de routeurs Cisco par exemple). Côté signalisation, on est loin de l'aspect guirlande de noël et seuls deux LED assez discrètes peuvent signaler que la machine est bel et bien en fonctionnement. Silence oblige.

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A l'arrière, on trouve côté sorties d'affichage une sortie DVI-D afin d'assurer la rétro-compatibilité en analogique pour le VGA, et une sortie HDMI 1.4a. La sortie audio analogique et l'entrée micro sont présents sur le panneau arrière. Clairement, l'aspect multimédia n'a pas été la priorité ici.

Deux ports USB 3.0 faisant le relais d'un chipset ASMedia 1042A, loin d'être le pire sur le marché des contrôleurs pour cette norme. Deux ports Ethernet en Gigabit lui succèdent, avec cette fois non pas un, mais deux contrôleurs Realtek 8111G.

Cette dernière particularité est une fonction très intéressante. D'une part, elle inscrit la machine dans toute une ribambelle d'usages particuliers, dont ceux de passerelle, serveur et firewall logiciel. De plus, Realtek a le bon goût de fournir un utilitaire permettant de faire de l'aggrégation de liens sous Windows. Nous allons explorer tout cela un peu plus loin !

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Il reste désormais deux ports aux sérigraphies peu locaces sur l'extrème côté gauche de la machine. Elles signalent l'emplacement d'une connection CMOS. Elles constituent tout simplement un report des broches de la carte mère afin de pouvoir assurer la remise aux paramètres d'usine du bios sans avoir à démonter et ouvrir la machine. Un gain de temps considérable en cas de besoin de maintenance ou de mot de passe appliqué sur le bios par un utilisateur indélicat.


Nous n'attendions rien de particulier du Celeron 847 et surtout de son iGPU cadencé à 350/800Mhz max pour ses 6 coeurs d'exécution. Il n'en demeure pas moins qu'il est l'occasion d'évaluer ce que l'on peut faire de ce CPU, surtout en termes de décodage de contenus HD.

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D'emblée, si la question que vous vous posez est : "je peux lancer un jeu avec ?", nous vous dirons "oui" mais c'est bien la seule chose que vous pourrez faire avec ! Même en 800x600, GTA 4 est anémique tous details en "Low" sous les 10 images/sec, et aucun jeu "Source Engine", bien qu'un peu plus vifs toutes proportions gardées, ne vient rattraper la mise.

Côté décodage des films, on est face à une solution très "2011" avec une charge CPU qui peut se révéler importante sans être problématique, que ce soit sous Windows ou OpenELEC. Néanmoins, soyez avertis que les solutions types MadVR ou jouer avec des filtres avec MPC-HC n'est pas du tout la tasse de thé de cette solution. De la même manière, seul la mise à disposition du flux Audio HD est à envisager, conforté par la faible connectique audio présente.

Très clairement, le décodage HD doit être pris comme une solution d'appoint pour un visionnage silencieux, dans une chaîne HDMI tout ce qu'il y a de plus commun. Dans cette configuration le Celeron couplé à OpenELEC fait très bien son travail avec le décodeur VA-API, et la machine reste tiède à une charge approximative de 20% par coeur pendant la lecture d'un Blu-Ray, sans filtres avancés sous peine de frame drop.

Le Celeron 847 doit être pris comme une solution légère à tous points de vue et c'était prévisible. Il reste dans tous les cas, comme son aîné, une machine totalement capable en bureautique et suffisante pour des besoins de développement, ou de monétique.

Question nuisances, évidemment, on est dans le néant ! Pas d'éléments actifs, ni de disque mécanique dans notre configuration de test, donc une machine à la fois silencieuse, et pour le moins tiède. L'alimentation reste quand à elle stoïque et tiède, voire froide à "pleine" charge, si l'on peut dire "plein" vu le faible TDP de l'ensemble.

Entre 34 et 37°c en fonction de la charge en surface de la machine, le CPU quant à lui reste sous la barre des 50°c aurepos, mais dépasse les 65°c allègrement après plusieurs heures de fonctionnement et décodage HD. Rien d'anormal toutefois, étant donné le caractère totalement passif de l'ensemble et l'apport de chaleur du disque SSD et de la RAM qui l'équipent.


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L'ensemble NM70 / Celeron est capable d'accueillir 16 Go de RAM. Une fois que l'on a écarté les options de la machine polyvalente et Home Cinema, reste le va-tout de l'usage comme serveur compact.

Bien qu'il soit incohérent vu l'espace et les possibilités d'agencement interne d'aller au delà du SSD mSATA accompagné d'un disque 2.5", les possibilités d'adjonction d'un ou plusieurs disques en USB peuvent très largement couvrir des besoins de compacité et de silence pour héberger un serveur et ou une passerelle personnels.

Nous avons pour le coup jeté notre dévolu sur une possibilité parmi d'autres :

OpenMediaVault : distribution Debian largement modifiée pour créer un NAS personnel pouvant booter sur une clef USB ou une carte mémoire. Il a l'avantage d'être flexible de par son architecture, et pouvoir ainsi héberger des services tels que Plex, Subsonic, et une bien longue liste de possibilités d'un serveur de fichiers...bref, une solution robuste parmi d'autres pour monter un serveur de médias ou un serveur de fichiers tout court.

Dans cette configuration, le DS47 est très réactif, et est clairement plus efficace que nombre de NAS prêts à l'emploi disponibles sur le marché. 

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Le choix d'OMV s'explique dans notre cas de figure par un support natif de la fonction d'agrégation de liens (Network Channel Bonding). Ainsi, la présence de deux contrôleurs Gibagit Ethernet permet de coupler la bande passante offerte pour être traitée comme une interface unique (eth0 et eth1 deviennent bond0), et ainsi doubler le débit offert.

Sans grande difficulté, le Celeron 847 s'accomode à la fois de l'ajout de modules Apache/PHP, mais encaisse dans le silence et avec de très bonnes performances MiniDLNA, Subsonic et Plex si vous désirez streamer vos médias sur votre réseau local, voire à l'extérieur de votre LAN.

Comme à l'acoutumée sous Linux, la mémoire vive est gérée de manière a être occupée en priotité. Il s'agit en l'occurence de faire remarquer que les possibilités d'extension mémoire permettent d'équiper très largement le DS47 afin de pourvoir à des usages intensifs, tels que des bases de données SQL, ou tout autre service qui profite largement de pouvoir se passer d'accès disque.

La question du stockage sur le Shuttle peut prendre une multitude d'aspects. Le BIOS, quoique plutot spartiate, permet par exemple de faire basculer le port PCI-E libre en mode mSATA. On peut par exemple envisager l'OS installé sur un disque mSATA, et prévoir un disque mécanique pour le stockage et la journalisation. Culminant à 2To au format 2.5" mécanique, le stockage peut être largement suffisant pour beaucoup, et être en plus complété par un ou des disques externes alimentés, en USB3 et USB2.

Si le RAID n'est pas une priorité pour vous, et que vous préférez la souplesse et l'évolutivité que ne permettent pas les offres de NAS 1 ou 2 baies, l'alterntive DS47 est crédible.

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Si d'aventure vous désirez monter plutôt une passerelle/serveur, sachez que PFSense supporte lui aussi les contrôleurs Ethernet et la carte WiFi. Nous avons manqué de temps pour faire des tests avancés, mais ça fonctionne au premier abord !


Le DS47 n'est pas une machine qui déchaine les passions, surtout pour une clientèle "grand public". Néanmoins, le soin habituel apporté par Shuttle à ses machines compactes est indéfectible, même sur un modèle plus modeste comme celui qui nous intéresse aujourd'hui.

Disposant d'une finition impeccable, donnant à la fois un sentiment de robustesse et de sérieux, le petit DS47 en est presque trop sobre. Sobre en énergie, sobre en puissance, sobre en nuisances. Mais aussi totalement suffisant pour pas mal d'usages pour qui sait reconnaître la nature de ses besoins réels.

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Le Celeron 847 qui l'équipe est capable de bien mieux que pas mal d'Atom d'outre tombe, et surtout, est bien plus flexible côté stockage (SATA3 et mSATA en tête), tout en délivrant la qualité de service que l'on peut attendre d'une machine passive qu'on peut oublier derrière un écran, ou dans un meuble où poussière et lumière ne l'atteindront même pas.

Reste que la question du prix peut chagriner quelque peu. Trouvable autour de 215€, il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit d'un barebone qui doit hériter de quelques composants pour être prêt au service. On parvient ainsi assez rapidement à 320€ avec un tant soit peu de mémoire et de stockage mécanique.

Plus cher qu'un NAS une baie de marque (au hasard Synology) avec un disque d'1To 3.5", c'est pourtant un choix beaucoup plus flexible et cohérent que l'offre traditionnelle dans cette gamme de produits et de prix à stockage équivalent. Pourquoi ? Parce que d'une part les SoC installés sur ces solutions embarquées sont très souvent anémiques, et réclament des packages et extensions particuliers si l'on veut s'aventurer en dehors des clous du constructeur. Dans le cas d'une petite machine comme le DS47 vous êtes libre de choisir la solution logicielle la plus adaptée (distribution linux complète pour serveur comme CentOS, Debian, ClearOS ou Ubuntu Server, FreeBSD, ou mini-distribution spécialisée, comme OpenMediaVault, FreeNAS ou NAS4Free entre autres) et la plus flexible en fonction de vos besoins.

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Côté bureautique et lecture vidéo, la machine est là aussi capable si l'on sait être raisonnable sur ses attentes. Peu encline à être poussée dans des usages sollicitant trop le CPU ou le GPU, la combinaison Celeron et HD2000 paie le prix de sa sobriété côté performances, mais côté fonctionnalités, rattrape de fort belle manière le tableau grâce à une carte mère bien pensée.

Si vous savez quoi en faire, le Shuttle DS47 pourrait alors bien vous étonner !

Nous serions au passage bien heureux de pouvoir voir un jour, une déclinaison de cette qualité de fabrication dans une conception plus orientée grand public, et pourquoi pas divertissement avec la connectique idoine.

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fleche Silencieux et sobre
fleche Finitions hors pair
fleche Connectique complète (USB3, SATA3, mSATA et WiFi N)
fleche Dual Gibabit Ethernet agrégable

fleche Prix justifié, mais un poil élevé pour le grand public
fleche Trop morne pour trôner sur un bureau
fleche Le CD de drivers a encore sévi !

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